Betty

  • Auteur : Tiffany McDaniel
  • Éditions : Gallmeister 2020.
  • Nombre de pages : 720 pages
  • Prix : 26,40 euros

Quatrième de couverture

« Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne. » La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler. Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle. »

Pour commencer, je n’ai lu aucune chronique avant de commencer la lecture de ce roman. Je me suis laissée porter sans savoir à quoi réellement m’attendre. Je savais seulement que celui-ci avait reçu de bonnes critiques.

Résultat : j’ai lu les 720 pages en trois jours.

Constat : très difficile de lever les yeux de cette lecture et c’est sans appel, ce livre il vous remue, il vous secoue, il vous tord dans tous les sens, il vous fracasse.

Il y aurait énormément de choses à dire et je regrette beaucoup de ne pas l’avoir lu en lecture commune pour pouvoir en parler et évacuer mes émotions au fil des pages. Que l’on ait aimé ou pas du tout, ce livre mérite que l’on parle de lui, parce qu’il est le témoignage d’une époque, celle des années 50 au États-Unies, et de beaucoup de familles et de femmes qui n’ont jamais eu droit à la parole. L’autrice s’est d’ailleurs inspirée de la vie de sa mère et des femmes de sa famille pour écrire ce témoignage bouleversant.

Ce roman, c’est l’histoire de la famille de notre jeune narratrice : Betty. Une famille nombreuse dont les parents sont un couple mixte. Le père de Betty est un Cherokee et sa mère une blanche. « La Petite indienne », comme l’a surnomme son père, vient habiter avec toute sa famille dans une petite ville de l’Ohio dont sont originaires ses parents après des années d’errance à travers les différents états des États-Unis. Elle nous parle de sa vie, de son enfance et de sa famille qui vit en marge de la société.

Je suis passée par tellement d’émotions fortes… J’ai eu envie d’hurler toute la souffrance, toutes les peines ainsi que les secrets les plus cruels de cette famille. Je voulais soulager la lourde charge qui écrase les épaules de la petites Betty, mais aussi celle de sa mère et de ses sœurs. Je voulais cueillir des étoiles pour les mettre dans un bocal et lui offrir pour que la lumière la guide dans les épreuves les plus sombres. Je voulais la prendre dans mes bras pour empêcher l’innocence de l’enfance s’envoler. Je voulais l’emmener au bout du monde…

« Ils sont comme ça les garçons. Faut toujours qu’ils fassent comme s’ils passaient leur temps à sauver les filles de quelque chose. On dirait qu’ils sont incapables de comprendre qu’on peut se sauver nous-mêmes ».

La beauté des mots, ces mêmes mots qui ont été un refuge pour une petite indienne à qui on a trop dit. Une petite indienne à la fois témoin et victime du silence. Une petite indienne qui, durant les 19 ans de sa vie présentés dans ce récit, est restée forte, insoumise et fière de ses racines.

La figure masculine n’est absolument pas ménagée, elle est d’ailleurs bien entachée et résonne dans notre société actuelle, mais j’ai été profondément touchée par l’amour incommensurable du père pour ses enfants. Un des plus beaux personnages de ce roman. Un homme plein de lumière, malgré le racisme ambiant dont il est victime, attaché aux traditions ancestrales de son peuple, amoureux de la terre et de la nature. Un homme qui fait passer son rôle de père avant toutes choses et qui berce ses enfants d’histoires magiques et sublimes. Des histoires racontées avec bienveillance pour soulager leurs peines et rendre leur vie plus douce et insouciante.

« À ce moment-là, j’ai compris que les pantalons et les jupes, tout comme les sexes, n’étaient pas considérés comme égaux dans notre société. Porter un pantalon, c’était être habillé pour exercer le pouvoir. Porter une jupe, c’était être habillée pour faire la vaisselle. »

L’écriture est très belle, poétique, souvent impétueuse et pleine de rage. Des mots nous sont jetés avec une force et une violence inattendue. Les sujets abordés sont multiples et souvent douloureux et difficiles. Deux scènes sont d’ailleurs particulièrement violentes et insoutenables. Préparez vous à ressentir cette sensation de coups dans le ventre et à avoir le souffle coupé chapitre après chapitre. On enchaîne drames sur drames, injustices et volonté de révolte, mais on ne referme pas le livre car, malgré tout, il y a beaucoup d’amour et d’espoir. J’ai terminé ma lecture avec le cœur en miette, la gorge serrée et les larmes aux yeux. Le récit se balance constamment entre la vie et la mort et ne ménage vraiment pas le lecteur.

Bouleversant, poignant, étourdissant, incandescent.. Assurément, Betty est une lecture qui marque et dont on ne ressort pas indemne tant elle est douloureusement belle.

Accrochez-vous à votre cœur et lisez-le !

Ce roman compte désormais parmi mes références favorites et cette lecture est donc un coup de cœur.


4 réflexions sur “Betty

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s